Question de Stéphanie Honoré – L’Agence littéraire à l’artiste et autrice EstElle Penain :
  1. Le titre « Naître fille devenir femme » nous renvoie à Simone de Beauvoir et son « On ne naît pas femme on le devient ». Votre livre s’inscrit-il dans son sillage ?
Si s’inscrire dans le sillage de Simone de Beauvoir signifie être une femme libre alors oui. Libre d’être qui je suis en accord avec ma nature et mon genre, libre de penser par moi même sans me sentir le deuxième sexe mais le sexe féminin tout comme il existe le sexe masculin, sans aucun rapport de domination d’un côté ou d’un autre mais de complémentarité et donc d’enrichissement mutuel, libre de jouir d’une vie en accord avec mon cycle et non pas linéaire, libre de réfléchir à ma condition d’être humain au delà du genre mais bien comme une citoyenne du monde soucieuse de sa planète et ses habitants, libre de proposer un nouvel humanisme en accord avec les lois de la nature, libre de m’émanciper sans demander la permission, libre d’oser être imparfaite tout en assumant cette imperfection à travers une envie d’évolution, libre de trouver ma propre voie, libre d’éclater mon plafond de verre pour devenir la meilleure version de moi même, libre d’être soutenue, aidée, accompagnée par des hommes conscients du potentiel des femmes encore trop peu visibles dans la sphère publique, libre d’être femme et fière de l’être, libre de partager avec les hommes dans un souhait d’équilibre, d’amour, dans une complémentarité et non pas une division par peur de l’autre moitié de l’humanité, libre de chanter les possibles… 
  1. Votre livre est composé de trois parties, de trois couplets comme dans vos chansons : celui du mental ou du psychologique, celui de l’esprit ou de l’âme, et celui du corps. Pourquoi l’avez-vous construit ainsi ?
Notre nature humaine possède un cerveau, récepteur de l’information qui circule tout autour de nous, ce qui correspond à la partie mentale ou psychologique de notre être. Mais je crois que nous sommes bien plus qu’un cerveau. Les études actuelles montrent une grande interrogation autour de la conscience et il se pourrait qu’elle soit bien au delà de ce cerveau, le cerveau étant finalement le logiciel permettant de décoder l’information qui circule tout autour de nous. Partant de cette hypothèse, je crois qu’il était intéressant de traverser le réel avec la partie psychologique : comprendre mon histoire donc la partie visible, expérimenter l’invisible avec la partie de l’âme ou de l’esprit à travers des rites initiatiques, et pour finir, incarner tout cela dans le corps, véhicule de l’esprit et de l’âme selon certaines traditions que je rejoints dans mes expériences artistiques et spirituelles. Je crois qu’une vision holistique de l’être apporte des éléments de réponse pour mieux comprendre sa destinée. Tel a été mon chemin, je me devais d’inclure la totalité de mon être. 
 
  1. Vous n’utilisez jamais le terme de « combat » en parlant de votre expérience de l’endométriose, mais plutôt de « résilience au féminin », ou de « force créatrice ». Expliquez-nous ça ..,
En effet, le mot combat signifie lutter contre. Lutter contre, c’est résister à ce qui est. Or, en médecine quantique, j’ai lu et entendu que notre pensée est extrêmement puissante et participe à la création de notre réalité. Nos pensées influencent notre quotidien. En partant de cette idée qui me parle beaucoup pour l’avoir expérimenté (observer mes pensées pendant un long moment pour m’apercevoir que la pensée négative avait tendance à prendre le dessus, étant contaminée par un flux d’informations pesantes, je suis passée par la méditation, véritable transformateur de conscience pour apaiser les pensées en les regardant passer, puis peu à peu trouver une sérénité en arrêtant d’embouteiller mon cerveau de trop d’informations et là j’ai vu l’impact sur ma vie. En apaisant mon cortex cérébral, ma vie changeait.), j’ai donc décidé de ne pas lutter contre la maladie endométriose mais de l’accueillir pour essayer de comprendre son message puisque je suis convaincue qu’une maladie peut transmettre un message si on prend le temps d’observer. J’ai donc observé mon utérus, ma nature cyclique, ma vie de femme, ma place dans la société et il était évident que je m’étais égarée en route. La maladie est venue m’alerter. Et puis même sil s’agit d’un combat pour guérir, le mot combat renvoie à la guerre. Or, je ne veux pas être en guerre avec mon corps car si je pense ainsi, le cerveau ne fait pas de différence entre le vrai et le faux et donc il entre en guerre avec mes cellules. Or pour guérir, ne dois je pas être en paix avec ce corps ? Il y a une force créatrice en nous qui ne demande qu’à vivre. J’ai expérimenté le pouvoir de mes pensées sur mon corps et j’ai vu une rémission qui pourrait bien être le fruit de ce chemin, associée à une hygiène et un changement de vie nécessaire pour guérir. Chaque cas étant unique, il ne s’agit pas de faire de  généralités. Mais pour moi, consciente de ce pouvoir cérébral, le tout aidé par ma croyance spirituelle en une force bien plus grande que moi, je sens que combattre n’est pas la solution. Accepter puis agir en douceur me parle plus. Et poser des actions pour aider le corps dans sa formidable possibilité de guérison. Mais cela demande un travail holistique sur soi. Et la maladie oblige à reconsidérer sa vie complètement. Lutter contre ? Agir pour ? Je préfère mettre mon énergie à agir pour guérir que lutter contre la maladie… question de syntaxe ? Pas si sûre que cela soit juste une question de rhétorique pour le cerveau… 

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